Deux scrutins, deux bulletins, deux assemblées au rôle clé dans la vie quotidienne : les Français sont appelés aux urnes pour le second tour des élections régionales et départementales, le 27 juin.

Les conseils régionaux pilotent le développement économique, les conseils départementaux l’aide sociale. alco81 / stock.adobe.com

Dernier vote avant la présidentielle. Près de 46 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour le second tour des élections régionales et départementales, le 27 juin, après un premier tour marqué par une abstention historique (66,7%), la résistance des sortants, le recul du RN et la faiblesse de LREM. Mode d’emploi. À découvrir

» QUI ÉLIT-ON ?

Les électeurs doivent désigner :

– leurs conseillers régionaux (1757 en France), en charge notamment :

  • du développement économique ;
  • de l’aménagement du territoire ;
  • des transports non urbains, dont les trains express régionaux (TER) ;
  • de la gestion des lycées et de la formation professionnelle.

– leurs conseillers départementaux (4056 en France), en charge notamment :

  • de l’aide sociale, dont la protection de l’enfance et le revenu de solidarité active (RSA) ;
  • des routes départementales ;
  • des transports scolaires ;
  • de la gestion des collèges.

– les conseillers des Assemblées de Corse, Martinique et Guyane, qui cumulent les compétences d’un conseil régional et d’un conseil départemental.

Dans la semaine suivant le scrutin, les nouveaux élus désigneront un président dans chaque assemblée. Ils resteront en fonction pendant près de 7 ans, jusqu’en mars 2028 – soit un an de plus que prévu, afin de ne pas interférer avec la présidentielle d’avril et mai 2027. https://static.lefigaro.fr/infographies/WEB_202114_elections_departementales_regionales/WEB_202114_elections_departementales_regionales.html

» QUI SE PRÉSENTE, AVEC QUELS PROGRAMMES ?

Au second tour, 59 listes sont en lice, dont 17 menées par les présidents sortants, tous candidats à leur réélection. Avec cinq chefs de file en compétition, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine sont le théâtre des élections les plus disputées.

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Aux départementales, les électeurs de 1909 cantons sont appelés aux urnes. 119 binômes homme-femme, dans autant de cantons, ont été élus dès le premier tour.

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Les programmes des candidats sont disponibles sur la plateforme dédiée du ministère de l’Intérieur.

» COMMENT VOTE-T-ON ?

Deux bulletins différents doivent être choisis par les quelque 43 millions d’électeurs concernés à la fois par les régionales et les départementales.

● Des listes à choisir dans 17 régions

Dans les 17 régions administratives concernées par les régionales ou les territoriales, les électeurs choisissent une liste paritaire de candidats, présentés à l’échelle départementale.

Le mode de scrutin proportionnel s’applique : les sièges sont répartis proportionnellement au score obtenu par chaque liste ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés. Pour qu’elle dispose d’une large majorité, la liste arrivée en tête remporte une «prime» représentant 25% des sièges – 9 sièges en Corse, 11 en Martinique et en Guyane.

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● Des binômes à départager dans 96 départements

Dans les 96 départements administratifs concernés par les départementales, les électeurs choisissent un binôme homme-femme de candidats, présentés à l’échelle de leur canton.

Le mode de scrutin majoritaire s’applique : seul le binôme arrivé en tête est élu, les autres n’obtiennent pas de siège.

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● Un seul scrutin à Paris, Lyon, Mayotte…

Quelque 2,8 millions d’électeurs ne sont convoqués qu’à un seul scrutin, car ils sont inscrits dans une collectivité unique, exerçant à la fois les compétences du département et de la région :

Paris et la métropole de Lyon ne votent qu’aux régionales ;

– la Corse, la Guyane et la Martinique ne votent qu’aux territoriales ;

Mayotte ne vote qu’aux départementales.

Quelque 1,8 million d’électeurs ne votent pas, car ils sont dépourvus d’assemblée départementale, régionale ou territoriale : c’est le cas en Nouvelle-Calédonie, à Wallis-et-Futuna, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy, en Polynésie française, mais aussi pour les Français de l’étranger inscrits sur une liste consulaire.

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» QUEL EST LE PAYSAGE POLITIQUE ACTUEL ?

Dans un paysage politique local dominé par la droite, ces élections font office de répétition générale pour les partis, à moins d’un an du scrutin élyséen. Elles représentent tout à la fois une potentielle rampe de lancement pour la droite, un test de la capacité de la gauche à s’unir, un obstacle à surmonter pour la majorité et un espoir de conquêtes pour le Rassemblement national (RN).

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● 8 régions à droite, 6 à gauche

À la tête de 8 régions sur 17, la droite est sortie renforcée du scrutin régional de décembre 2015, le premier organisé après le redécoupage de la carte de France. La gauche, majoritaire dans 6 collectivités, a perdu d’importantes places fortes, comme l’Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Unique président de région Marcheur, le Guadeloupéen Ary Chalus, issu de la gauche, s’est rallié à la majorité présidentielle pendant son mandat. https://static.lefigaro.fr/infographies/WEB_202114_elections_regionales/WEB_202114_elections_regionales.html

● 64 départements à droite, 28 à gauche

La gauche avait essuyé un échec aux départementales de mars 2015 : elle détient aujourd’hui une minorité de conseils départementaux (28), quand la droite et ses alliés gouvernent 64 collectivités.