Le troisième jour du procès d’Hubert Caouissin et Lydie Troadec devant la cour d’assises de Loire-Atlantique était consacré aux dépositions des proches des victimes, tués en février 2017 à Orvault.

Me Cécile de Oliveira (ici au centre, en compagnie de l’avocate générale, Charlotte Gazzera) représente les intérêts des sœurs et de la mère de Brigitte Troadec.

Je ne peux pas admettre que quatre personnes aient été massacrées, dépecées, brûlées par un pervers narcissique, a lancé Martine à la barre de la cour d’assises, ce jeudi 24 juin, au sujet de l’accusé principal, Hubert Caouissin, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour le quadruple meurtre des membres de sa belle-famille, en février 2017 à Orvault.

Je ne peux plus ouvrir un coffre de voiture et c’est devenu difficile de manger de la viande, a poursuivi, effondrée, la sœur de Brigitte Troadec. Martine avait été la première à donner l’alerte en février 2017, après plusieurs jours sans nouvelles de Brigitte et Pascal Troadec (49 ans tous les deux), et leurs enfants, Charlotte (18 ans) et Sébastien (21 ans).

Hubert Caouissin, beau-frère de Pascal, a avoué aux enquêteurs avoir tué la famille à coups de pied de biche, avant de ramener les corps en voiture dans sa ferme du Finistère où il les a découpés et incinérés.

C’est des gens qui avaient toute la vie devant eux, et c’est juste horrible ce qui s’est passé, a soufflé la fille de Martine, Pauline, en racontant ses souvenirs d’enfance avec ses cousins installés à Orvault près de Nantes.

Comme les deux femmes, plusieurs membres de la famille, des amis et des collègues de travail de Pascal et Brigitte Troadec se sont succédé à la barre de la cour d’assises en ce troisième jour de procès, pour décrire la personnalité des victimes et l’impact de l’affaire sur leur vie.

On ne peut pas faire le deuil de quelqu’un qu’on n’a pas vu partir, a ainsi expliqué une amie de Charlotte, la plus jeune des victimes, qui s’est déplacée depuis le Canada pour venir décrire une jeune fille gentille, souriante et très fusionnelle avec sa mère.

Des vies « brisées en plein élan »

Dans le box des accusés, Lydie Troadec, la sœur de Pascal Troadec et l’ex-compagne d’Hubert Caouissin, qui est accusée de recel de cadavres, a essuyé des larmes en voyant les photos de famille présentées par l’huissier.

Les jurés ont découvert les visages insouciants du couple Troadec lors de son mariage en 1993, l’enfance de Charlotte et Sébastien mais aussi celles de Lydie et Pascal Troadec, la fratrie qui s’est déchirée autour de lingots d’or qu’aurait découvert leur père, mais dont l’enquête n’a pas démontré l’existence. PUBLICITÉ Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière Forte de son succès, la gamme végétale s’agrandit ! Découvrez notre nouvelles recette de la gamme végétal : le taboulé à l’avocat ! Inspired by

Hubert Caouissin, tête baissée, a été peu sollicité par la présidente pour s’exprimer sur les victimes.

Mais à propos de son beau-frère, il répond que Pascal Troadec s’énervait très facilement à la moindre contrariété.

Lydie qualifie quant à elle son frère d’immature et lui reproche de ne pas avoir pris de ses nouvelles quand elle luttait contre un cancer du sein en 2009.

Mais un collègue de travail décrit simplement quelqu’un de peu bavard, d’introverti, qui n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

Pour Martine, l’époux de sa sœur Brigitte était un homme un peu psychorigide pour qui il fallait que les choses soient carrées.

Dans cette famille, qui avait une vie tout à fait simple, qui a été brisée en plein élan, poursuit-elle, Brigitte faisait figure de mère attentionnée.

Une mère-poule qui n’avait pas de problème de famille, hormis avec Hubert Caouissin qui accusait le couple de spoliation, ce qui les avait conduits à s’éloigner, a abondé une ancienne collègue.

Sébastien était lui un garçon très gentil, très doux qui ne pouvait faire de mal à personne, a raconté un de ses amis qui connaissait aussi sa sœur. Selon le jeune homme, le frère et la sœur étaient promis à un bel avenir qui leur a été retiré.

Le fils des accusés « traumatisé par les faits »

En fin d’audience, une administratrice ad hoc est intervenue pour évoquer la situation de Jean (prénom modifié), le fils des accusés, aujourd’hui âgé de 12 ans.

Elle a parlé d’un garçon traumatisé par les faits et effaré par la médiatisation de l’affaire, qui est plein de curiosité, très introverti et qui évolue positivement.

Le procès, prévu pour durer trois semaines, sera consacré vendredi aux dépositions des enquêteurs.